Ramadan et Carême en Guinée : l’État plafonne les prix pour protéger le panier de la ménagère
À l’approche du Ramadan et du Carême, la Guinée instaure un nouveau dispositif pour réguler les prix des produits de première nécessité. Un protocole d’accord majeur a été signé ce lundi 16 février 2026 à Conakry pour garantir l’approvisionnement du marché national et stabiliser les prix des denrées de première nécessité à l’approche du Ramadan et du carême.
La cérémonie a réuni les importateurs de produits alimentaires, la Direction générale des douanes, la Chambre de Commerce d’Industrie et d’Artisanat de Guinée et la Direction Nationale du Commerce Intérieur et de la Concurrence.
Dans un discours, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, a rappelé que la Guinée n’échappe pas aux turbulences mondiales :
« Notre marché intérieur subit, comme partout, les effets d’un contexte international instable : volatilité des coûts logistiques, tensions sur les chaînes d’approvisionnement, fluctuations monétaires. Mais il y a une réalité plus forte encore : l’État ne peut pas regarder le panier des ménagères se dégrader sans agir », a-t-elle souligné. Avant de dire que la dimension concrète du protocole des denrées disponibles,
des prix plafonds compréhensibles,
et surtout un prix au détail maîtrisé, celui payé par le citoyen.
« Ce qui compte, ce n’est pas le chiffre sur un papier, c’est le prix affiché sur les étals en cas de spéculation, de rétention de stocks ou de manipulation d’étiquettes. Un numéro vert, 142, est d’ailleurs mis à la disposition des consommateurs pour signaler tout abus».
Pour le Directeur général des douanes a rappelé l’effort financier consenti :
« L’État guinéen cède des milliards et des milliards pour que le panier de la ménagère soit sécurisé et la Douane s’engage
faciliter le dédouanement rapide des produits concernés ; maintenir des valeurs mercuriales de référence (riz à 100 dollars/tonne, sucre à 200 dollars/tonne, poulet à 600 dollars/tonne) ;
détecter les fausses déclarations et prévenir toute fraude », a-t-il indiqué.
Le Directeur national du Commerce intérieur et de la Concurrence, Mohamed Traoré, a détaillé la mécanique du protocole. Une équipe d’agents assermentés, sous son autorité directe, est déployée dans le Grand Conakry avant une extension progressive à l’ensemble des préfectures. Une équipe mixte de suivi réunissant Commerce, Douanes et Chambre de commerce veillera à l’application rigoureuse des engagements.
La DNCIC s’engage à :
fixer et diffuser les prix plafonds ;
contrôler poids, mesures et marges ;
suivre l’évolution des stocks ;
sanctionner les contrevenants conformément à la réglementation ;
rendre compte régulièrement au gouvernement.
Les prix plafonds fixés à Conakry:
Le protocole établit une structure claire : importateurs, distributeurs et détaillants disposent chacun d’un prix plafond à respecter, afin de préserver l’équilibre des marges et protéger le consommateur final.
Riz
Riz étuvé 5% brisure (50 kg) :
Importateur : 260 000 GNF
Distributeur : 265 000 GNF
Détaillant : 280 000 GNF
Riz blanc 25% brisure (50 kg) :
Importateur : 240 000 GNF
Distributeur : 245 000 GNF
Détaillant : 260 000 GNF
Riz étuvé 5% brisure (25 kg) :
Importateur : 130 000 GNF
Distributeur : 132 500 GNF
Détaillant : 140 000 GNF
Autres produits
Farine (50 kg) : 340 000 / 345 000 / 360 000 GNF
Sucre (50 kg) : 330 000 / 335 000 / 354 000 GNF
Huile végétale (20 L) : 290 000 / 295 000 / 305 000 GNF
Oignon (sac) : 250 000 / 255 000 GNF
Lait en poudre (25 kg) : 940 000 / 955 000 / 980 000 GNF
Poulet entier (10 kg) : 290 000 / 295 000 / 310 000 GNF
Cuisse de poulet (10 kg) : 290 000 / 295 000 / 310 000 GNF
Au-delà des chiffres, le gouvernement insiste sur l’esprit patriotique et la responsabilité partagée.
« Un marché prévisible, c’est de la confiance, donc du volume et de l’activité », a souligné la ministre, appelant les opérateurs économiques à une application loyale du protocole.
Dans un contexte économique mondial sous tension, la Guinée affiche ainsi sa volonté de réguler, anticiper et protéger, afin que les périodes de forte consommation religieuse ne deviennent pas synonymes de flambée des prix.
Alass Sylla pour universnews224.com 625.480.252
