Médias en Guinée : La HAC verrouille l’antenne avant l’heure

Médias en Guinée : La HAC verrouille l’antenne avant l’heure

Face à l’effervescence politique qui gagne les studios de radio et les plateaux de télévision, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de reprendre fermement les commandes. Par voie de communiqué, l’organe de régulation a mis en garde les professionnels du secteur contre toute tentation de campagne électorale anticipée.

​Le rappel à la loi : Le chronogramme n’est pas une option

​La HAC ne se contente pas de conseils déontologiques ; elle s’appuie sur la rigueur du Code électoral pour justifier son intervention. L’institution martèle que le calendrier démocratique est régi par deux garde-fous juridiques majeurs :

    • L’Article 49 : Qui sanctuarise les dates officielles d’ouverture et de fermeture de la campagne.
    • L’Article 50 : Qui interdit formellement toute forme de propagande, qu’elle soit directe ou subtile, en dehors de la période fixée par décret présidentiel.

​ »Nul ne peut faire campagne en dehors de la période légale », rappelle fermement l’instance, fermant ainsi la porte à toute interprétation souple de la loi.

 

​Chasse ouverte à la « propagande déguisée »

​L’inquiétude du régulateur porte sur les zones grises de la communication politique. La HAC pointe du doigt les dérives qui polluent actuellement l’espace audiovisuel et numérique :

      1. Les tribunes complaisantes : Des temps d’antenne démesurés accordés à certains acteurs.
      2. La publicité masquée : Des contenus promotionnels présentés comme de l’information.
      3. L’agitation précoce : Une mise en scène médiatique visant à influencer l’opinion avant le coup d’envoi officiel.

​L’enjeu est clair : maintenir une équité stricte entre les candidats et éviter que le débat public ne s’enflamme prématurément.

​De la pédagogie aux sanctions : Un arbitre sous haute tension

​Si le message actuel se veut préventif, la HAC prévient que la récréation est terminée. Dans un climat politique marqué par une forte polarisation, le régulateur guinéen durcit le ton.

En se positionnant comme un arbitre vigilant, la HAC espère ramener la sérénité dans les rédactions. Pour les médias guinéens, le message est reçu : chaque mot sera désormais pesé, et chaque invité, scruté.

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