Face à la prolifération de rumeurs et de documents apocryphes sur les réseaux sociaux, le Parquet Spécial près la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a brisé le silence. Entre démenti formel et mise en garde sévère, l’institution réaffirme sa détermination à mener une traque méthodique contre la délinquance financière, loin du tumulte numérique.
1. Le « Fake » en ligne : Le Parquet dément l’existence d’une liste noire
Une liste de hauts cadres prétendument interdits de sortie du territoire enflamme la toile guinéenne depuis plusieurs jours. Le verdict du Procureur Spécial est sans appel : ce document est un faux.
Le Parquet dénonce une manœuvre de désinformation qui nuit à la sérénité des procédures. En rappelant les piliers du droit que sont le secret de l’enquête et la présomption d’innocence, l’institution déplore l’organisation d’un « tribunal populaire numérique » qui précède souvent les preuves tangibles.
2. Une offensive musclée : « Démasquer, traquer et poursuivre »
Si la liste circulant sur Facebook est fausse, l’intention du Parquet de sévir, elle, est bien réelle. S’appuyant sur les réformes législatives de 2017 et 2021, la CRIEF durcit le ton.
« Le Parquet Spécial s’engage […] à démasquer, traquer et poursuivre sans aucune exception tous les délinquants financiers, et à faire saisir leurs avoirs illicites au profit de l’État. »
L’objectif est clair : passer des paroles aux actes en récupérant les biens publics détournés, tout en respectant scrupuleusement les règles de la procédure pénale.
3. Une communication verrouillée pour plus de crédibilité
Pour contrer la propagation des rumeurs, la CRIEF change de stratégie. Elle invite désormais les citoyens, les médias et les lanceurs d’alerte à ignorer les sources non vérifiées et à se référer exclusivement aux canaux officiels. L’institution promet une transparence accrue, mais une communication « au cas par cas », adaptée à l’avancement réel des dossiers.
Informations pratiques et signalements
Pour toute vérification d’information ou pour dénoncer des faits de corruption, le Parquet a mis en place des lignes directes :
L’analyse de la rédaction : Ce rappel à l’ordre intervient à un moment charnière où la pression sociale pour des résultats concrets est forte. En reprenant la main sur son calendrier de communication, la CRIEF tente de restaurer la solennité judiciaire face à l’immédiateté des réseaux sociaux. La « traque » est bel et bien lancée, mais elle suivra désormais le rythme du droit, et non celui des partages Facebook.
