Fin de la crise de liquidités en Guinée : Les vérités du gouverneur Karamo Kaba sur les dessous de la pénurie
Face à la presse ce mardi 11 août 2026, le patron de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) est revenu en détail sur la crise du cash qui a secoué le pays. Entre tensions sur le marché mondial du papier-monnaie et rétention des billets, Karamo Kaba affirme que le pire est désormais derrière nous.
Accompagné des ministres de l’Économie et du Plan, le gouverneur de la BCRG s’est voulu catégorique : le manque de liquidités physiques qui pesait sur les retraits d’espèces appartient au passé.
Revenant sur l’origine du blocage, Karamo Kaba a d’emblée tenu à faire une distinction technique majeure : « Il y a un an, on parlait beaucoup de pénurie de cash, mais ce n’était pas une pénurie de liquidité ».
Pour appuyer son propos, le patron de la BCRG a rappelé que le système financier dans son ensemble n’a jamais cessé de fonctionner. « Tous les paiements effectués par virement, par transaction électronique ou par chèque n’ont jamais connu de pénurie. Il y a eu une pénurie uniquement par rapport au cash », a-t-il précisé.
La traque aux billets de banque
Si la monnaie circulait bien de manière dématérialisée, la question restait entière : où s’étaient volatilisées les coupures de francs guinéens ? Pour le gouverneur, la liquidité était bien présente dans le circuit économique, mais échappait complètement au réseau bancaire traditionnel.
« Je veux rappeler que le franc guinéen ne se mange pas hors de Guinée. Le problème est que nous ne savions pas où étaient ces billets, mais ils n’étaient pas dans les caveaux des banques », a déclaré le Gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée.
Tensions mondiales sur le coton et crise de l’offre
Pour résoudre le problème, la BCRG a dû agir sur deux fronts : l’approvisionnement et la régulation de la demande. Du côté de l’offre, la Guinée a subi de plein fouet une conjoncture internationale défavorable. La hausse globale de la demande de billets combinée à une pénurie mondiale de coton — matière première essentielle à leur fabrication — a complètement engorgé les lignes de production des imprimeurs spécialisés.
« Les imprimeurs avaient donc des difficultés à satisfaire tout le monde », a-t-il expliqué.
Afin de débloquer la situation, l’institution émettrice a mené d’intenses négociations avec ses prestataires internationaux. Un effort qui a fini par porter ses fruits : « Nous avons réussi à sécuriser un approvisionnement en billets, et nous sommes désormais tout à fait sereins concernant l’offre », a assuré Karamo Kaba.
Cap sur la dématérialisation et retour à la normale
Outre la sécurisation des flux de billets, la Banque centrale a orchestré une baisse drastique de l’utilisation des espèces. Saluant au passage l’implication du ministère de l’Économie et des Finances, le gouverneur a souligné la réduction forte des paiements en cash effectués par l’État, renforcée par des innovations bancaires récentes.
« Nous avons également lancé NimbaPay il y a une dizaine de jours pour doper les paiements électroniques », a indiqué le Gouverneur.
Sur le terrain, les indicateurs repassent enfin au vert. Les injections hebdomadaires de liquidités par la BCRG auprès des établissements commerciaux s’allègent, tandis que le circuit bancaire classique recommence à se recharger naturellement.
« Aujourd’hui, les chiffres de la Banque centrale montrent que les injections de liquidités diminuent chaque semaine, et les banques recommencent à reverser de l’argent, ce qui n’arrivait pas auparavant », a-t-il déclaré.
Autant de signaux tangibles qui confirment la stabilisation définitive du secteur financier national. « La situation est en train de s’améliorer », a-t-il conclu.
