Guinée : Le MATD mise sur le mérite pour recruter les prochains gouverneurs et préfets

Guinée : Le MATD mise sur le mérite pour recruter les prochains gouverneurs et préfets

Une révolution s’amorce au sein de la haute administration locale guinéenne. Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a donné, ce jeudi 5 novembre, le coup d’envoi officiel du test de sélection destiné aux futurs gouverneurs et préfets. Présidée par la ministre au siège du département, cette démarche inédite ambitionne d’asseoir la désignation des cadres territoriaux sur des critères stricts de compétence, de rigueur et d’expérience.

​Basculer vers une gestion axée sur le développement

​L’objectif affiché par le gouvernement est de rompre avec les schémas traditionnels pour bâtir une gouvernance locale plus efficiente, participative et tournée vers l’action concrète sur le terrain.

​« Nous voulons qualifier notre administration, nous voulons passer de l’administration de commandement à une administration de développement, donc à une gouvernance participative », a-t-elle déclaré.

​Tout en rappelant le cadre juridique qui régit ces hautes fonctions, la cheffe du département a précisé l’articulation entre le choix technique des candidats et la décision finale des autorités nationales.

​« La nomination d’un préfet se fait par décret, suivant un pouvoir discrétionnaire du Président de la République. Mais, comme tout ministère, tout département ministériel, il revient au ministre de choisir et de soumettre les propositions au chef de l’État », a-t-elle indiqué.

​Valoriser la maîtrise du terrain et l’expertise locale

​Ce processus d’évaluation s’adresse en priorité aux techniciens de l’État possédant une connaissance fine des réalités administratives. Le ministère entend ainsi offrir une trajectoire de promotion interne aux cadres chevronnés.

​« Nous avons voulu donner la chance aux administrateurs territoriaux que vous êtes, qui ont de l’expérience, qui ont servi parfois, qui ont commencé au niveau central et ont travaillé sur le terrain, à côté des préfets et des gouverneurs », a-t-elle rappelé.

​Un dispositif d’examen rigoureux et anti-triche

​Sur le plan organisationnel, les postulants affrontent une épreuve écrite de trois heures, articulée autour de thématiques propres aux fonctions de gouverneur ou de préfet. Les candidats réussissant cette phase écrite passeront ensuite un grand oral devant un jury pour évaluer leur leadership et leurs aptitudes managériales.

​Afin de garantir une équité totale, des consignes strictes ont été instaurées, notamment l’interdiction et la saisie des téléphones portables dans les salles d’examen.

​« On a demandé de retirer les téléphones parce que nous ne voulons pas que ça soit des rebonds issus de l’intelligence artificielle ou de l’Internet, mais que ça soit la capacité, l’expérience et la connaissance du candidat qui s’exprime sur les feuilles », a-t-elle martelé.

​En formulant ses vœux de réussite aux participants, la ministre a réaffirmé sa détermination à solder l’ère des nominations arbitraires. En plaçant l’expertise et la probité au centre de sa réforme, le MATD franchit un cap décisif vers la modernisation de la fonction publique guinéenne.

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