Élections du 24 mai en Guinée : La DGE verrouille le cadre financier
À l’approche du double scrutin législatif et communal, la Direction Générale des Élections (DGE) passe à la vitesse supérieure. Ce lundi 9 mars 2026, la Directrice Générale, Mme CAMARA Djenabou Touré, a officiellement publié les modalités financières indispensables à la validation des candidatures. Entre cautions obligatoires et plafonnement des dépenses, les acteurs politiques sont désormais fixés sur les règles du jeu.
1. Le ticket d’entrée : Des cautions allant jusqu’à 300 millions GNF
Pour figurer sur la ligne de départ le 24 mai prochain, les partis et candidats devront passer à la caisse. La DGE a modulé les montants du cautionnement selon l’enjeu du scrutin :
- Législatives (Liste nationale) : 300 000 000 GNF.
- Législatives (Uninominale/Plurinominale) : 100 000 000 GNF.
- Élections communales : 35 000 000 GNF.
Échéance cruciale : En vertu de l’article 277 du Code électoral, ces fonds doivent être déposés au Trésor public au plus tard 55 jours avant le vote. Sans preuve de paiement, aucune candidature ne sera retenue.
2. Dépenses de campagne : Un plafond pour limiter la surenchère
Afin de garantir une certaine équité et d’éviter que l’argent ne devienne le seul arbitre de la compétition, la DGE instaure des limites strictes aux budgets de campagne :
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- 12 milliards GNF pour les législatives.
- 7 milliards GNF pour les communales.
Attention : Tout dépassement de ces seuils expose les contrevenants à des sanctions sévères, pouvant aller de l’amende financière pure et simple à l’invalidation de la candidature.
3. Transparence : L’obligation du « Fonds Électoral »
La grande nouveauté de cette directive réside dans l’exigence de traçabilité. Chaque candidat ou liste a désormais l’obligation de constituer un fonds électoral dédié.
Ce compte spécifique devra centraliser l’intégralité des ressources utilisées pour la communication, les meetings et les déplacements. L’objectif est clair : permettre aux autorités de contrôle de vérifier l’origine des fonds et de s’assurer que l’argent investi reste dans les clous de la légalité.
L’analyse du moment À un peu plus de deux mois du scrutin, cette annonce marque le véritable coup d’envoi de la bataille électorale. En encadrant ainsi les flux financiers, la DGE tente de professionnaliser le débat politique et de sécuriser la régularité d’un processus scruté de près par les observateurs.
