Médias et Santé en Guinée : Le REMAPSEN mobilise les « journalistes debout » pour le financement de la DSRR

Médias et Santé en Guinée : Le REMAPSEN mobilise les « journalistes debout » pour le financement de la DSRR

La Maison de la Presse a vibré ce samedi au rythme d’un plaidoyer pressant pour la santé publique. Le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) y a réuni une dizaine de journalistes pour un atelier de formation stratégique sous le thème : « Accélérer le financement domestique des Droits et Santé Sexuels et Reproductifs (DSRR) : Quels rôles pour les médias et acteurs de la société civile en Guinée ? »

​Un constat alarmant : des engagements non tenus
​Le président du REMAPSEN, Moussa Iboun Conté, a ouvert la session par un rappel historique et un constat sans concession. Créé en juin 2020 à Abidjan, le réseau, qui couvre aujourd’hui près de 50 pays africains, est né d’une urgence : combler le déficit de communication qui laisse les populations démunies face aux épidémies et aux enjeux de santé.
​M. Conté a particulièrement pointé du doigt le retard de la Guinée dans l’application du Protocole de Maputo, ratifié pourtant depuis 2003.
​« L’État guinéen a failli à son engagement. Sur le terrain, les conditions ne sont pas créées pour protéger les femmes, notamment face aux complications liées aux grossesses ou aux avortements clandestins qui continuent de faucher des vies précocement », a-t-il déploré.
Pour une spécialisation des journalistes : sortir du « tout-venant »
​Au-delà du plaidoyer politique, le président du REMAPSEN a lancé un appel vibrant à la professionnalisation. Pour lui, l’ère du journaliste généraliste « assis », qui effleure tous les sujets sans en maîtriser aucun, doit s’effacer au profit du « journaliste debout », celui qui s’imprègne des réalités du terrain.
​L’expertise locale contre l’expertise importée : Le réseau ambitionne de former des spécialistes capables de remplacer les consultants internationaux souvent sollicités à prix d’or.
​La quête de l’excellence : Le cas de M. Touré, journaliste guinéen récemment primé à Cotonou pour ses publications régulières sur la santé, a été cité en exemple de réussite internationale basée sur le mérite.
​Le contrat social : Le journaliste doit agir comme une « sentinelle » pour pousser l’État à la « domestication » des accords internationaux et comme un « facilitateur » pour informer les citoyens sur leurs droits et les structures de prise en charge existantes.
La Maison de la Presse interpellée
​Moussa Iboun Conté n’a pas épargné l’institution hôte, regrettant que la Maison de la Presse de Guinée soit devenue une structure de « communication institutionnelle » plutôt qu’un centre dynamique de formation et d’édition. Il a invité la jeune génération à « se remuer » pour redonner vie à cet espace.
​Des opportunités concrètes
​En conclusion, le REMAPSEN a promis de mettre en place un dispositif de coaching pour accompagner les journalistes guinéens vers les prix internationaux et les opportunités de bourses. En s’éloignant des joutes politiciennes souvent stériles, les professionnels de l’information sont invités à investir les thématiques de la santé et de l’environnement, secteurs porteurs d’impact social et de reconnaissance professionnelle.
​L’atelier s’est poursuivi avec l’intervention de l’expert consultant M. Félix, chargé d’outiller les participants sur les mécanismes de financement des DSRR, afin que la plume des journalistes devienne un levier de changement concret pour la santé des femmes et des filles en Guinée.
Camara
611 46 04 10

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