Médias : La HAC sévit après les violences à la frontière guinéo-libérienne

Médias : La HAC sévit après les violences à la frontière guinéo-libérienne

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a frappé fort ce jeudi. En réponse au traitement médiatique des récents heurts communautaires à Guéckédou, le régulateur a annoncé la suspension de deux médias en ligne et de leurs journalistes, invoquant une « incitation à la violence ».

​Sanctions exemplaires pour Africaturemedia et Guineesource

​À l’issue d’une plénière extraordinaire, le verdict est tombé : les portails https://www.google.com/search?q=Africaturemedia.com et Guineesource.com sont suspendus pour une période de trois mois. Cette mesure s’étend également à l’ensemble de leurs plateformes sur les réseaux sociaux.

​Le volet individuel des sanctions se veut tout aussi rigoureux :

  • Saa Édouard Tinguiano et Foromo Lamah : Interdiction d’exercer toute activité journalistique pendant six mois.
  • Motif administratif additionnel : L’absence de carte professionnelle pour les intéressés a aggravé leur cas, transformant un dérapage éditorial en faute réglementaire.

​Une ligne rouge franchie : Sensationnalisme et péril sécuritaire

​Le grief de la HAC est clair : la couverture des événements de Guéckédou a manqué de la retenue nécessaire en période de crise. Trois reproches majeurs ont été formulés :

    1. Spectacularisation de la violence : Diffusion d’images crues en direct.
    2. Atteinte à la cohésion sociale : Propagation de discours susceptibles d’aggraver les tensions entre les populations locales.
    3. Défaut de vigilance : Le site Guineesource.com est particulièrement pointé du doigt pour avoir relayé ces contenus sans aucun filtre éditorial.

​« La liberté de la presse ne saurait être un laissez-passer pour l’irresponsabilité », a rappelé l’institution dirigée par Boubacar Yacine Diallo.

 

​Un signal fort envoyé à la presse numérique

​En s’appuyant sur les textes de 2010 et 2020, la HAC rappelle que le web n’est pas une zone de non-droit. Cette décision fait office d’avertissement global : la responsabilité éditoriale s’applique avec la même rigueur au partage d’un contenu qu’à sa création originale.

​Dans un contexte de fragilité sécuritaire aux frontières, le régulateur guinéen a choisi la fermeté pour éviter que l’embrasement des écrans ne nourrisse celui du terrain.

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