Moussa Moïsa Diabaté sur la démolition de la Paillote: » C’est un crime culturel qu’ils ont commis »
La démolition ce mercredi, 13 août 2025 de la Paillote, lieu emblématique de la culture guinéenne, continuer susciter des vives indignation chez les acteurs culturels.
Réagissant sur cette actualité chez nos confrères de la radio Nostalgie-Guinée dans l’émission Africa2015 de ce jeudi, 14 août, Moussa Moïsa Diabaté, opérateur culturel, a exprimé sa désolation, suite à destruction par des inconnus de cet endroit chargé d’histoire de la culture guinéenne.
« Il est difficile de parler en Guinée. Parce que ceux qui disent souvent la vérité ne sont pas des bons guinées. Sinon, en vérité, qui peut imaginer, qui peut oser prendre des machines en cette période de mondialisation où tous les grands peuples, toutes les grandes nations se battent à restaurer leur histoire ? Même à la Mecque c’est vrai, on apporte toujours des retouches, mais la Mecque garde toujours son architecture d’antan. La Paillote a catalogué la musique guinéenne. Tout ce que vous entendez, tous les sons que vous ecoutez depuis 50 ans, 60 ans, les 90% ont été enregistrés à la Paillote.Tous les grands noms des musiciens guinéens que vous écoutez, vc’est à la Paillote. La Paillote a donné naissance à la crème de la musique guinéenne. Les 26 ans du président Ahmed Touré, il n’a pas touché à la Paillote. Le président Lansana Conté est venu, il n’a pas touché à la Paillote. On se demande aujourd’hui qui a initié cette autre œuvre de destruction ? Qui nous a mis dans cette situation? s’est-il interrogé.
Et d’assener:
« Restaurer la paillote, rénover la paillote, je suis d’accord pour le bonheur de la musique guinéenne. Mais, détruire la paillote c’est raser les traces de la culture guinéenne.
Quand je suis venu hier et j’ai vu les machines, entrain de couper les manguiers qui ont plus de 100 ans, mes larmes ont coulé.Ce ne sont même pas seulement les bâtiments, mais les manguiers qui ont servi notre abri. Quand il fait chaud, c’est là-bas où on vient s’asseoir pour passer la journée, même au mois du Ramadan. Si eux, ils ne connaissent pas l’importance de ça, nous, nous le savons. C’est un crime culturel qu’ils ont commis« , a t-il martelé.
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