Matam : les habitants de Coléah, Madina et Mafanco se mobilisent progressivement pour voter

Matam : les habitants de Coléah, Madina et Mafanco se mobilisent progressivement pour voter

Ce dimanche 28 décembre 2025, la Guinée franchit une étape historique avec l’élection présidentielle marquant la fin de quatre années de transition. Dans les quartiers névralgiques de Madina, Mafanco et Coléah, les habitants arrivent progressivement dans les différents centres de vote pour exercer leurs devoirs civiques.

État des lieux d’une matinée électorale au calme inhabituel.

Un calme plat dans les zones d’ordinaire effervescentes. À Madina, le poumon économique du pays, l’agitation habituelle a laissé place à une ambiance lourde. Malgré un dispositif de sécurité impressionnant, les électeurs arrivent au compte-gouttes. Dans plusieurs bureaux de vote, les agents électoraux, installés dès l’ouverture à 7h00, reçoivent progressivement les électeurs.

École primaire de Coléah Centre. Ici, le contraste est frappant. Les citoyens se sont déplacés en masse pour accomplir leur devoir civique, formant une file continue sous la supervision des autorités locales.

​À la sortie du bureau de vote de l’école primaire de Coléah Imprimerie, Cheikh Ahmed Bangoura, un citoyen rencontré après avoir glissé son bulletin dans l’urne, témoigne :

« J’ai voté par pragmatisme. Ce que nous voulons, c’est la continuité de l’État et, surtout, la stabilité économique. Aujourd’hui, je vote pour celui qui peut garantir notre développement et s’assurer que les investissements, comme le projet Simandou, profitent enfin au peuple. On veut juste une vie normale » a-t-il déclaré, avant de lancer un appel au calme. « J’invite tous les Guinéens à voter dans la sérénité. Quel que soit le vainqueur, il sera Guinéen et devra travailler pour tous », a t-il indiqué.

​​Quelques mètres plus loin, dans le quartier de Mafanco, Djénab Barry, la quarantaine, affiche fièrement son doigt marqué d’encre indélébile. Après avoir accompli son devoir civique, cette mère de famille exprime des attentes fortes envers le futur locataire de Sékhoutouréya :

 » J’ai voté avec beaucoup d’espoir, mais aussi avec exigence. On nous parle de nouvelle Constitution et de nouvelle ère, mais sur le terrain, nous constatons surtout que le coût de la vie augmente. Je veux un président qui s’occupe réellement de l’emploi des jeunes et de l’éducation. Voter est un droit, mais c’est aussi un contrat. Si le gagnant oublie ses promesses dès demain, le désenchantement sera total », a-t-elle laissé entendre.

Si le démarrage du scrutin a été globalement ponctuel, respectant l’ouverture légale de 7h00, les quelques rares soucis techniques observés ont été corrigés grâce à la réactivité de la Direction Générale des Élections (DGE). Globalement, les opérations de vote se poursuivent normalement dans les différents centres de vote de la commune de Matam.

 

Camara Mohamed, envoyé spécial de l’UFSIIG à Matam

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