Guinée : Fin de la transition et mise en garde sévère du MATD après l’installation des mairies

Guinée : Fin de la transition et mise en garde sévère du MATD après l’installation des mairies

CONAKRY – Le virage est historique pour la Guinée. Ce samedi soir, lors d’une allocution solennelle diffusée en direct sur les antennes de la télévision nationale, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), Ibrahima Kalil Condé, a officiellement acté la fin de la période de transition qui avait débuté le 5 septembre 2021.

​Cette déclaration majeure fait suite à l’installation définitive et au vote des nouveaux exécutifs communaux à travers tout le pays. Tout en saluant cette étape démocratique cruciale, le ministre a profité de sa tribune pour adresser un avertissement sans équivoque aux nouveaux élus locaux concernant leurs responsabilités.

​Le nouveau visage des communes guinéennes

​Le ministre a d’abord dressé le bilan de ce déploiement institutionnel, mettant en avant la diversité et la large représentativité qui caractérisent désormais les municipalités :

​ »Ce processus a permis l’installation de 11 753 conseillers communaux, comprenant majoritairement des femmes et des jeunes, et l’élection de 375 maires et 1 149 vice-maires sur toute l’étendue du territoire national. Notre pays met définitivement fin aux missions transitoires dévolues aux délégations spéciales »

 

​Avec ce retour à des équipes élues, l’État entend clore le chapitre de la gestion provisoire pour ancrer solidement le pouvoir à la base.

​Une épée de Damoclès sur les élus : le retour possible des délégations spéciales

​Si le rétablissement de la légitimité des urnes est une victoire, le patron du MATD a immédiatement fixé les lignes rouges. L’État ne relâchera pas sa vigilance, et les dérives administratives ou financières seront lourdement sanctionnées. Le ministre a rappelé avec fermeté que la loi permettait toujours de dissoudre les conseils municipaux défaillants :

​ »Toutefois, il est important de rappeler que si la normalisation démocratique réaffirme la primauté des élus, le recours à la pratique des délégations spéciales demeure un instrument légal de normalisation, de régulation, et de sauvegarde de l’intérêt général prévu par le code révisé des collectivités locales »

 

​Ibrahima Kalil Condé s’est montré inflexible sur la qualité de la gouvernance et la transparence budgétaire, prévenant qu’aucun écart ne serait toléré au détriment des populations :

​ »Le gouvernement n’hésitera pas à faire usage de cette prérogative républicaine pour pallier d’éventuelles défaillances de gestion, restaurer l’ordre budgétaire ou remédier à l’inconduite notoire d’élus locaux, garantissant ainsi que le service public de proximité ne soit jamais interrompu. Cette nouvelle gouvernance locale s’inscrit en parfaite adéquation avec le contenu de la lettre de politique nationale de décentralisation et de développement local »

 

​Cap sur le développement : l’appel au rassemblement

​Pour conclure, le ministre a exhorté les nouveaux dirigeants locaux à dépasser les clivages politiques nés de la campagne électorale. L’urgence est désormais économique et sociale.

​ »Le ministère adresse ses chaleureuses félicitations à l’ensemble des maires, vice-maires et conseillers communaux installés. L’heure n’est plus à la compétition partisane, elle est au rassemblement des compétences, à la réconciliation des esprits et au travail constructif au service de nos concitoyens »

 

​Le message de la tutelle est limpide : l’autonomie communale retrouvée exige une obligation de résultats et une intégrité absolue. Les nouveaux élus guinéens savent désormais exactement à quoi s’en tenir.

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