ONU : Macky Sall retire sa candidature au poste de secrétaire général et plaide pour une candidature consensuelle
L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, ce samedi, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Une décision qu’il présente comme un acte de responsabilité, motivé par la volonté de favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Dans sa déclaration, l’ancien chef de l’État revient sur les résultats des votes informels, remercie ses soutiens et réaffirme son attachement à une réforme profonde du système multilatéral ainsi qu’à une meilleure représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
Un retrait au nom du consensus
C’est à l’issue du vote informel du 16 octobre 2026 que Macky Sall a décidé de mettre un terme à sa course au secrétariat général des Nations unies. Après des consultations avec le président burundais, Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président en exercice de la CEDEAO, l’ancien dirigeant a officialisé sa décision.
« À l’issue du vote informel du 16 octobre 2026 pour l’élection au poste de Secrétaire général des Nations Unies, et après consultations avec Son Excellence Monsieur Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi, Président en exercice de l’Union Africaine, et Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République du Sénégal, Président en exercice de la CEDEAO, j’ai décidé de retirer ma candidature audit poste », a-t-il annoncé.
L’ancien président sénégalais justifie ce retrait par un souci de responsabilité et par la nécessité de faciliter un rapprochement des positions au sein du Conseil de sécurité.
« J’ai pris cette décision avec un profond sens des responsabilités, en espérant contribuer ainsi à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité », a-t-il expliqué.
Au-delà de la décision elle-même, Macky Sall reconnaît que les tendances observées au cours du processus de sélection orientaient les choix vers une autre région du monde, avec une possible ouverture en faveur d’une femme.
« Depuis le début du processus, les résultats des différents votes tests indiquent un choix en faveur d’une candidature issue de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, et éventuellement féminine », a-t-il souligné.
Cette lecture des rapports de force semble avoir pesé dans sa décision de se retirer, dans un contexte où la recherche d’un profil susceptible de rallier un soutien suffisamment large constitue un enjeu majeur pour la succession à la tête de l’organisation internationale.
Près de quarante ans d’expérience mis en avant
Malgré ce retrait, Macky Sall insiste sur les motivations qui l’avaient conduit à briguer cette haute fonction internationale. Fort de près de quatre décennies d’engagement dans la vie publique, l’ancien chef de l’État affirme avoir voulu mettre son expérience au service de l’organisation mondiale.
« Pour ma part, ma candidature était essentiellement motivée par la volonté de mettre mon expérience de près de quarante ans de vie publique au service des Nations Unies », a-t-il déclaré.
Cette ambition s’inscrivait dans un contexte international marqué par la multiplication des crises et par les interrogations croissantes sur la capacité des institutions multilatérales à répondre efficacement aux défis contemporains.
En se retirant de la course, Macky Sall ne renonce donc pas, selon ses propres termes, aux principes qui fondaient sa démarche. Il entend maintenir son engagement en faveur de la paix, de la sécurité, du développement et du dialogue international.
Des remerciements appuyés aux soutiens africains et internationaux
Dans sa déclaration, l’ancien président a tenu à exprimer sa reconnaissance aux dirigeants qui ont accompagné sa candidature, en particulier Évariste Ndayishimiye et Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
« Je tiens à remercier le Président Evariste Ndayishimiye, qui a parrainé ma candidature, et le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui l’a soutenue », a-t-il indiqué.
Il a également adressé ses remerciements aux États membres du Conseil de sécurité ayant voté en sa faveur au cours du processus. Une marque de reconnaissance qu’il a étendue à son équipe de campagne, mobilisée pendant plusieurs mois.
« J’adresse mes chaleureux remerciements aux membres de mon équipe de campagne qui m’ont accompagné pendant des mois, avec foi et détermination », a-t-il déclaré.
Les autorités religieuses et coutumières, les citoyens sénégalais, les militants, les sympathisants, les organisations politiques et de la société civile, ainsi que les amis du Sénégal en Afrique et à l’étranger, ont également été associés à cet hommage.
« J’exprime ma gratitude aux autorités religieuses et coutumières pour leurs prières et marques de sympathie, ainsi qu’aux Sénégalaises et Sénégalais, militants, sympathisants, organisations politiques et de la société civile, amis d’Afrique et de l’extérieur, pour leur soutien et leurs encouragements depuis l’annonce de ma candidature », a-t-il ajouté.
Ces remerciements donnent à son annonce une dimension qui dépasse le simple retrait d’une compétition internationale : ils traduisent également la volonté de reconnaître l’engagement politique, diplomatique et citoyen suscité par sa candidature.
Macky Sall appelle à une transformation profonde de l’ONU
Au-delà des circonstances de son retrait, l’ancien président sénégalais a tenu à rappeler les défis auxquels le système international est confronté. Pour lui, la multiplication des conflits, les rivalités géopolitiques et les difficultés économiques imposent une remise à plat des méthodes de travail des Nations unies.
« Alors que le monde reste confronté à la multiplication des conflits, à l’aggravation des rivalités géopolitiques, à la fragmentation de l’ordre international et à des défis économiques et financiers sans précédent, je demeure convaincu que les Nations Unies doivent engager une transformation profonde de leurs méthodes de travail et de leur fonctionnement », a-t-il affirmé.
Cette prise de position souligne l’importance qu’il accorde à l’adaptation de l’organisation aux nouvelles réalités mondiales. Elle remet également au centre du débat la question de l’efficacité du multilatéralisme, à un moment où les tensions entre puissances et la persistance des conflits mettent à l’épreuve les mécanismes internationaux de prévention et de règlement des crises.
L’Afrique appelée à prendre toute sa place dans la gouvernance mondiale
L’autre message fort de la déclaration
concerne la place du continent africain dans les grandes instances internationales. Pour Macky Sall, l’Afrique ne peut se limiter à subir les décisions prises ailleurs alors qu’elle se trouve au cœur des enjeux de paix, de sécurité et de développement.
« L’Afrique, qui est au cœur des enjeux de paix, de sécurité et de développement, doit aussi continuer à faire entendre sa voix et poursuivre ses efforts afin d’occuper la place qui lui revient dans la gouvernance mondiale », a-t-il insisté.
Cette déclaration prolonge un débat récurrent sur la représentativité des institutions internationales et sur la nécessité de mieux prendre en compte les intérêts et les aspirations du continent africain dans les processus de décision mondiale.
Si le retrait de Macky Sall met fin à sa propre candidature, il ne signifie donc pas, dans son discours, l’abandon des préoccupations relatives à la représentation de l’Afrique ni de son appel à une réforme du système multilatéral.
Un retrait, mais pas un renoncement aux idéaux
En conclusion, Macky Sall a tenu à distinguer clairement la fin de sa candidature de la poursuite de son engagement en faveur des principes qu’il défend.
« Je retire ma candidature, mais reste pleinement engagé au service des idéaux qui l’ont inspirée : la paix, la sécurité, le développement économique et social, la coopération internationale et le dialogue entre les nations », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’État a enfin adressé ses vœux de réussite à la personnalité qui sera appelée à diriger les Nations unies, affirmant ainsi sa volonté de placer la continuité de l’action internationale au-dessus de son ambition personnelle.
« Je souhaite plein succès à la personne qui sera appelée à exercer les hautes responsabilités de Secrétaire général des Nations Unies », a-t-il conclu.
Par cette annonce rendue publique à Marrakech le 17 octobre 2026, Macky Sall clôt un chapitre de son parcours diplomatique tout en réaffirmant ses convictions sur l’avenir du multilatéralisme.
Son retrait ouvre désormais la voie à la poursuite du processus de sélection, dans un contexte où les équilibres géopolitiques, la recherche d’un consensus et les attentes en matière de représentativité demeurent au cœur des enjeux entourant la succession à la tête de l’ONU.
