Président Mamadi Doumbouya: « Le 5 septembre n’est pas un jour de triomphe. C’est un jour de deuil, de gravité et de mémoire »
Cinq ans après l’avènement de la transition, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est exprimé devant la nation dans un discours axé sur la mémoire, la cohésion sociale et la souveraineté économique. Rompant avec l’apparat des festivités, le chef de l’État a privilégié une allocution solennelle pour faire le point sur la trajectoire du pays et tracer ses perspectives d’avenir.
Un hommage appuyé aux martyrs de la transition
Refusant de transformer cette date anniversaire en célébration personnelle ou en étalage de bilan matériel, le président a d’emblée rappelé le sens du coup de force initial et rendu hommage aux disparus.
« Il y a cinq ans, à l’aube du 5 septembre, des femmes et des hommes de nos Forces de défense et de sécurité ont fait le choix du risque absolu. Ils n’ont rien demandé pour eux-mêmes. Ils ont simplement refusé que la République de Guinée continue de s’abîmer. »
Poursuivant sur cette ligne d’humilité, il a insisté sur la valeur de ce recueillement collectif :
« En ce jour, ma première pensée n’est pas pour ce que nous avons bâti depuis. Elle me porte vers ceux qui ne sont plus parmi nous… Le 5 septembre n’est pas un jour de triomphe. C’est un jour de deuil, de gravité et de mémoire. »
Le recul du communautarisme comme socle national
Au-delà du devoir de mémoire, le Général Mamadi Doumbouya a mis en avant les progrès accomplis sur le chantier de l’unité nationale, qualifiant la lutte contre le repli identitaire de réussite majeure du processus de refondation.
« De ce sacrifice, un peuple entier a hérité d’une responsabilité. Et cette responsabilité, nous l’avons honorée là où l’on ne nous attendait pas : nous avons fait reculer l’ethnocentrisme. Ce poison qui, pendant des décennies, a dressé le Guinéen contre le Guinéen, n’a plus droit de cité dans notre République. Le vivre-ensemble n’est plus un discours de circonstance ; il est devenu une réalité, et cette réalité est désormais irréversible. »
L’amorce de l’indépendance économique avec Simandou 2040
Sur le plan socio-économique, l’allocution a réaffirmé l’importance stratégique des grands projets d’infrastructures et de transformation locale des ressources, incarnés par le programme Simandou 2040. Le chef de l’État s’est engagé à mener ces chantiers structurants jusqu’à leur terme pour garantir la prospérité des générations futures.
« Devant vous, je réaffirme un engagement simple : la vision Simandou 2040 sera exécutée avec la rigueur, la méthode et la constance qu’elle exige. Non pour la gloire d’un homme ni d’une génération, mais pour que nos enfants héritent enfin d’une Guinée prospère, digne et souveraine. Les réformes engagées et les projets structurants seront menés à leur terme. Je m’y engage devant vous, sans réserve et sans détour, pour le mieux-être de notre peuple. »
En saluant la résilience de la population et l’engagement des forces armées, ce discours réaffirme la volonté des autorités de transition de maintenir le cap vers une autonomie économique et une stabilité politique durables.
