Crise autour du Kountigui de la Basse-Guinée : le ministère réunit les protagonistes pour favoriser une sortie de crise
Le différend qui oppose deux camps autour de la désignation du Kountigui de la Basse-Guinée, figure traditionnelle et morale de la région, continue de susciter des démarches en faveur de l’apaisement. Face à cette situation, la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djénabou Touré, a décidé de réunir les différentes parties afin de favoriser une issue concertée.
Ce mardi, la ministre, accompagnée de plusieurs membres de son cabinet, a reçu dans les locaux de son département les représentants des deux camps concernés, notamment ceux proches d’Elhadj Alhassane Camara et ceux de Sona Yansané.
Les échanges ont principalement porté sur la nécessité de préserver la paix et la cohésion sociale en Basse-Guinée, tout en évitant que le désaccord autour du leadership traditionnel ne provoque davantage de divisions au sein de la communauté.
Au cours de la rencontre, Djénabou Touré a invité les sages ainsi que les représentants des deux parties à privilégier le dialogue, la concertation et le pardon.
L’objectif affiché est de permettre aux différentes composantes de la région de parvenir elles-mêmes à un accord autour d’un choix accepté par tous.
Pour faciliter cette démarche, une commission a été mise en place. Celle-ci aura pour mission d’accompagner les deux camps dans leurs discussions et de favoriser un rapprochement susceptible de déboucher sur une solution consensuelle.
La question de la cérémonie d’intronisation annoncée pour le 26 septembre reste, pour sa part, liée à l’évolution des discussions. La décision concernant son maintien ou son report devra être prise à l’issue des concertations entre les sages et les représentants des parties concernées.
À la sortie de la rencontre, la ministre Djénabou Touré a insisté sur le rôle que doivent jouer les autorités traditionnelles dans le règlement de cette crise :
« J’ai tenu à recevoir les sages de la Basse-Guinée, avec les jeunes et les femmes, pour les mettre ensemble, leur dire de s’entendre, de s’unir, comme je l’ai fait la dernière fois. Le dialogue, le pardon et l’entente pour aller ensemble : c’était ça l’essentiel du message. Je pense que les sages l’ont accepté, ils vont s’entretenir, et tout ce qu’il y a comme mésentente sera résolu par les sages, » a-t-elle indiqué.
Revenant sur le rôle de la commission mise en place et sur la question de la date prévue pour l’intronisation, la ministre a rappelé que la responsabilité première de rapprocher les différentes composantes de la Basse-Guinée revient désormais aux sages :
« Le travail se fera par les sages. On a laissé les sages prendre leurs responsabilités pour unir les filles et fils de la Basse-Guinée. Ça, ça revient aux sages également. Lorsqu’ils feront l’entretien et qu’ils vont s’accorder, ils vont revenir vers le ministère, » a-t-elle martelé.
La démarche engagée par le ministère semble avoir reçu l’adhésion des deux camps. Les représentants des factions concernées ont exprimé leur volonté de privilégier les échanges internes et la concertation avant toute nouvelle démarche officielle.
L’enjeu est désormais de parvenir à un terrain d’entente autour de la désignation du Kountigui de la Basse-Guinée, dans un esprit de dialogue et de préservation de l’unité régionale.

