Investissements publics en Guinée : Lancement d’une vaste mission de suivi-évaluation de 200 projets
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget déploie 13 équipes pluridisciplinaires à travers le pays pour inspecter 200 projets prioritaires et 350 actions sur le terrain. Cette initiative vise à évaluer l’état d’avancement des chantiers, identifier les blocages administratifs et financiers, et s’assurer de la retombée concrète des infrastructures sur le quotidien des populations.
La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a officiellement lancé, ce samedi 24 octobre 2026, dans les locaux de la Direction générale des investissements publics (DGIP), une mission nationale de suivi-évaluation des projets et programmes d’investissement public.
Prévue du 24 octobre au 7 novembre sur l’ensemble du territoire national, cette opération concerne 200 projets comprenant 350 actions à visiter. Elle vise à évaluer l’état d’avancement des réalisations, à identifier les difficultés d’exécution et à proposer des mesures correctives pour améliorer l’efficacité des investissements de l’État.
Treize équipes pluridisciplinaires sont mobilisées pour conduire cette mission. Elles devront notamment confronter les données techniques et financières aux réalités du terrain, vérifier le respect des délais contractuels et apprécier les résultats obtenus par rapport aux objectifs initiaux.
Dans son discours d’ouverture, la ministre Mariama Ciré Sylla a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer l’efficacité de l’action publique et d’assurer une meilleure utilisation des ressources de l’État, conformément aux ambitions de développement portées par le président Mamadi Doumbouya, notamment à travers la vision Simandou 2040.
« On doit confronter nos indications techniques et financières au niveau de la direction avec les réalités du terrain. Parce que c’est le terrain qui nous permet de comprendre si nous sommes en train d’atteindre l’objectif visé. Une route n’a atteint son objectif que si elle améliore les conditions de vie et de circulation des personnes et des biens. Un centre de santé doit répondre aux besoins de la population, et cela se fait uniquement quand il est achevé et opérationnel », a-t-elle expliqué.
Pour la ministre, la pertinence d’un investissement public ne dépend ni des montants mobilisés ni du simple lancement officiel des travaux, mais avant tout de son utilité réelle pour les citoyens.
« La valeur d’un investissement public ne se mesure pas au financement qu’on a pu mobiliser, ni au fait que ce projet a été approuvé ou lancé. Elle se mesure uniquement quand le projet est achevé et qu’il apporte une utilité concrète à nos populations », a-t-elle insisté.
Au cours de ces deux semaines de mission, les équipes parcourront les différents chantiers pour examiner les niveaux d’exécution physique et financière, échanger avec les responsables de projets et les acteurs locaux, puis identifier les obstacles qui ralentissent les travaux. Les blocages liés à la passation des marchés publics, aux retards de décaissement et aux délais d’obtention des avis de non-objection des partenaires techniques et financiers feront l’objet d’une attention particulière.
La ministre a également insisté sur l’application des recommandations issues des précédentes missions de supervision et des audits, soulignant la nécessité de transformer les constats en solutions concrètes.
« Notre démarche vise à trouver des solutions. Bien sûr, nous devons comprendre les problèmes, mais l’objectif final reste de débloquer les situations afin d’accroître notre capacité d’absorption et d’accélérer l’exécution des projets conformément aux attentes des populations », a déclaré Mariama Ciré Sylla, avant d’inviter les administrations sectorielles, les entreprises et les autorités locales à collaborer pleinement avec les inspecteurs.
De son côté, la directrice générale des investissements publics, Aïssatou Yariatou Camara, a précisé que cette mission ne devait pas se limiter à un simple constat visuel, mais fournir des données fiables pour ajuster les politiques en cours :
« Notre mission ne saurait se limiter au simple constat de l’état d’avancement des travaux. Elle vise avant tout à disposer d’informations précises et vérifiées sur la situation réelle des projets, à comprendre les écarts entre les prévisions et les réalisations, et à déterminer les ajustements nécessaires », a-t-elle indiqué.
Mme Camara a exhorté les équipes sur le terrain à faire preuve de rigueur, d’impartialité et de professionnalisme, en s’appuyant scrupuleusement sur les pièces justificatives et les contrats établis, tout en respectant les consignes de sécurité durant leurs déplacements.
Conduite par la DGIP en collaboration avec la Delivery Unit, l’ACGP, la Direction nationale du contrôle financier et l’Inspection générale des finances, cette mission rassemble également des cadres régionaux. À travers cette initiative d’envergure, le gouvernement guinéen entend garantir que chaque franc investi dans les écoles, hôpitaux et infrastructures routières réponde directement aux besoins essentiels du pays.
Alass Sylla.
