LFR 2026 : La HAC présente ses priorités budgétaires à l’Assemblée nationale et mise sur des réformes structurelles en 2027

LFR 2026 : La HAC présente ses priorités budgétaires à l’Assemblée nationale et mise sur des réformes structurelles en 2027

La Haute Autorité de la Communication (HAC) entend franchir une nouvelle étape dans son processus de modernisation et d’adaptation aux mutations du paysage médiatique guinéen. À l’occasion de son audition par la commission Communication et Nouvelles Technologies de l’Assemblée nationale ce lundi 2 novembre 2026, l’institution a exposé ses besoins financiers, tout en mettant l’accent sur les réformes qu’elle souhaite voir intégrer dans le budget de l’exercice 2027.

Cette rencontre, organisée dans le cadre de l’examen du volet dépenses du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, s’est déroulée à huis clos pendant plus de trois heures. Le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, était accompagné de plusieurs responsables de l’institution, notamment de son directeur des Affaires financières.

À l’issue des échanges, les responsables des deux institutions ont apporté des éclaircissements sur la situation financière de la HAC, ses difficultés internes et les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses nouvelles missions.

La HAC fait le point sur ses ressources et ses dépenses

Face aux parlementaires, le président de la Haute Autorité de la Communication a d’abord insisté sur le caractère institutionnel de cette démarche, qui permet aux structures bénéficiant des ressources publiques de justifier leurs besoins devant les commissions compétentes.

Boubacar Yacine Diallo a notamment précisé que la HAC ne dispose d’aucune ressource propre et fonctionne essentiellement grâce aux subventions accordées par l’État. Il a également rappelé la décision de rendre gratuite la carte de presse, qui constituait auparavant l’une des rares sources de recettes de l’institution.

« C’est d’usage républicain que ceux qui bénéficient des subventions et des budgets de l’État viennent les défendre devant les commissions spécialisées. La nôtre, c’est bien sûr la commission Communication et NTIC, et nous avons reçu l’invitation, nous avons répondu favorablement avec notre profil financier. Nous avons expliqué les grandes lignes de notre budget et notre DAF a donné beaucoup plus de détails. Je voudrais rappeler que la HAC ne fait pas de recettes. Donc, la HAC n’a pas un volet recettes. Elle n’a qu’un volet dépenses. D’ailleurs, les seules recettes que la HAC, avant notre arrivée, recevait, c’était le prix de la carte de presse que vous payez. Et nous l’avons rendue gratuite, donc nous recevons 0 francs comme recette. Par contre, l’État nous accorde une subvention que nous décaissons trimestriellement, donc tous les 3 mois. Et donc, nous sommes venus rencontrer la commission pour lui faire l’état des lieux avec les questions que la commission avait. Et je crois, avec mes compagnons, avoir donné des réponses satisfaisantes », a expliqué le président de la HAC.

Moderniser le monitoring et améliorer le statut des agents

Au-delà de la présentation de son budget actuel, la délégation de la HAC a profité de cette audition pour attirer l’attention des députés sur les investissements et les réformes qu’elle juge indispensables pour l’année 2027.

Le premier enjeu concerne le renforcement des capacités techniques de l’institution, notamment à travers la modernisation de son dispositif de monitoring. Un retard que son président souhaite combler afin de permettre à la structure de suivre plus efficacement les contenus diffusés dans les médias traditionnels et sur les plateformes numériques.

La question du statut des travailleurs constitue également une préoccupation majeure. Selon Boubacar Yacine Diallo, une grande partie du personnel évolue encore sous des contrats temporaires. L’institution souhaite ainsi obtenir un accompagnement parlementaire en vue d’une régularisation de ces situations, y compris pour les superviseurs et les points focaux déployés à l’intérieur du pays.

Le président de la HAC a également évoqué les besoins en formation des professionnels des médias, particulièrement dans le domaine des nouvelles technologies, en raison de l’élargissement des compétences de l’instance par la nouvelle Constitution.

« Pour le budget rectificatif, nous n’avons rien sollicité. Ce que nous avons nous suffit. Et donc, nous avons attiré leur attention sur la loi à venir pour 2027. Nous avons des chantiers. Le premier chantier, c’est la modernisation de notre système de monitoring. Nous sommes en retard par rapport aux pays voisins. Ensuite, à la HAC, notre personnel n’est constitué que de contractuels temporaires. Et nous avons espéré que la commission prendra en charge pour que nos personnels soient recrutés de manière régulière. C’est un héritage que j’ai trouvé pour qu’ils puissent vivre de leur labeur et que nos superviseurs et nos points focaux qui se trouvent à l’intérieur soient aussi des agents à part entière de la HAC. Et la dernière chose que nous avons sollicitée, c’est le volet formation des journalistes aux nouvelles technologies. Parce que vous savez que la nouvelle Constitution a élargi les attributions de l’instance de régulation en y ajoutant la régulation du numérique, du cinéma et de la publicité. Donc, il faut un complément de budget pour que nous puissions prendre en charge la régulation du numérique », a-t-il indiqué.

Les députés promettent un accompagnement des réformes

À l’issue de l’audition, le président de la commission Communication et Nouvelles Technologies, Ousmane Dady Camara, a salué la disponibilité des responsables de la HAC et la richesse des informations communiquées aux parlementaires.
Il a expliqué que les discussions ont principalement porté sur les dépenses de fonctionnement, les subventions, la situation des professionnels des médias ainsi que les difficultés rencontrées par le personnel de l’institution.

Le responsable parlementaire a également réaffirmé la volonté de sa commission de défendre les intérêts de la HAC auprès des instances compétentes, tout en veillant à la bonne utilisation des ressources publiques.

« Nous avons été très ravis de recevoir aujourd’hui la Haute Autorité de la Communication, présidée par le président de l’institution, qui nous a donné beaucoup de détails sur leur fonctionnement, sur les besoins et sur les urgences. Vous comprendrez que nous sommes sur le volet dépenses et que étant une institution qui ne fait pas de recettes, on a beaucoup évolué sur les subventions. Surtout que l’institution gagne deux subventions, il y a aussi le cas des journalistes, la presse en ligne, les médias, on en a discuté et aussi le cas de leur maison, c’est-à-dire la situation interne de la HAC, les travailleurs et tout ce qui s’ensuit. Donc nous avons beaucoup évolué dans ce sens. La commission est là pour l’institution, pour le Ministère de la Communication pour les défendre, défendre leur budget, mais en même temps aussi faire des propositions et contrôler les dépenses effectuées », a déclaré Ousmane Dady Camara.

La nouvelle Constitution au cœur des perspectives budgétaires de 2027

L’autre dimension importante des échanges concerne l’évolution du cadre institutionnel de la régulation en Guinée. La nouvelle Constitution redéfinit les attributions de l’organe de régulation et élargit son champ d’intervention à des secteurs qui nécessitent des compétences supplémentaires et des ressources adaptées.

Pour le président de la commission parlementaire, cette transformation impose une réflexion approfondie sur les moyens à mettre à la disposition de la structure, notamment dans le cadre de la préparation de la prochaine loi de finances initiale.

« C’est la loi rectificative. Vous comprendrez que très bientôt nous allons entrer dans la loi initiale de 2027 et voir qu’est-ce qui peut évoluer dans ce sens et qu’est-ce qui doit améliorer. Surtout que la nouvelle constitution donne une autre forme de la Haute Autorité qui ne serait plus une autorité, qui ne l’est plus d’ailleurs depuis le vote du référendum. Il y a maintenant une commission. Mais au-delà d’être une commission, on leur a ajouté aussi des prérogatives sur le plan numérique. Donc il va falloir voir en profondeur qu’est-ce qui est possible de faire et comment faire pour donner de bonnes orientations en matière de droit pour réussir la mission régalienne qui est celle de la Haute Autorité de la Communication », a-t-il souligné.

Les doléances seront soumises aux instances parlementaires

Pour donner une suite concrète aux préoccupations exprimées par la HAC, Ousmane Dady Camara a annoncé que les différentes propositions seront portées à la connaissance des autres structures parlementaires, notamment à travers les travaux en intercommission et la conférence des présidents.

L’objectif est de permettre aux députés d’examiner les possibilités d’accompagnement budgétaire et institutionnel, avec une attention particulière accordée à la situation administrative des travailleurs.

« Les plaidoiries concernent surtout la représentation nationale qui est l’assemblée, les députés. Nous allons partager ça en intercommission et à la conférence des présidents pour que ça puisse être pris en compte. Au-delà de ça aussi, tenir compte du titre II de beaucoup d’employés qui sont à leur niveau et qui sont dans des positions contractuelles et voir comment on peut développer, comment on peut évoluer ensemble et stabiliser leurs conditions de travail », s’est engagé le président de la commission.

Ainsi, si la HAC ne réclame pas de rallonge budgétaire dans le cadre de la loi de finances rectificative 2026, son audition aura surtout permis de poser les bases des revendications qui devraient alimenter les discussions budgétaires de 2027  Modernisation des équipements, stabilisation du personnel et renforcement des compétences face aux nouveaux enjeux du numérique figurent désormais parmi les principaux défis de l’institution.

Camara

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